Certification 30 min de lecture 1 février 2026

Comment obtenir la certification Qualiopi en 2026 : le guide complet

Partager :

Introduction

La certification Qualiopi est devenue, depuis le 1er janvier 2022, un sésame indispensable pour tous les organismes de formation souhaitant accéder aux financements publics et mutualisés. Plus qu'une simple obligation administrative, cette certification représente un véritable gage de qualité et de professionnalisme dans un secteur de la formation professionnelle en pleine mutation. Ce guide complet pour 2026 vous détaillera l'ensemble du processus pour obtenir cette précieuse certification, des 7 critères et 32 indicateurs à maîtriser jusqu'aux étapes concrètes de l'audit, en passant par les coûts à anticiper et les meilleures pratiques pour réussir. Que vous soyez un nouvel organisme de formation ou un acteur établi cherchant à se conformer, cet article vous fournira toutes les clés pour aborder sereinement votre démarche de certification Qualiopi.

Qu'est-ce que la certification Qualiopi ?

La certification Qualiopi, mise en place par la loi du 5 septembre 2018 "pour la liberté de choisir son avenir professionnel", atteste de la qualité du processus mis en œuvre par les prestataires d’actions concourant au développement des compétences (PAC). Elle est délivrée par des organismes certificateurs accrédités par le Comité français d’accréditation (Cofrac) sur la base du Référentiel National Qualité (RNQ).

Qualiopi n'est pas une certification de la qualité de la formation elle-même, mais bien de la qualité des processus qui y concourent. C'est une nuance importante à comprendre pour bien aborder la démarche.

Une nouvelle ère pour la formation professionnelle en France

L'introduction de Qualiopi a marqué un tournant majeur pour le secteur de la formation professionnelle en France. L'objectif du gouvernement était de simplifier et de rendre plus lisible l'offre de formation, tout en garantissant un niveau de qualité homogène sur l'ensemble du territoire. Avant Qualiopi, le système reposait sur le Datadock, un système déclaratif où les organismes de formation renseignaient 21 indicateurs. Avec Qualiopi, on passe à un système d'audit tierce-partie, beaucoup plus exigeant et rigoureux, basé sur un référentiel unique.

Cette nouvelle approche vise à :

  • Professionnaliser le secteur : En imposant des standards de qualité élevés, Qualiopi encourage les organismes de formation à structurer leurs processus et à améliorer en continu leurs prestations.
  • Sécuriser les parcours de formation : Pour les individus et les entreprises, Qualiopi est un repère fiable pour choisir un prestataire de formation de qualité, dont les processus ont été audités et validés.
  • Flécher les financements : La certification est une condition sine qua non pour accéder aux fonds publics et mutualisés (OPCO, Pôle Emploi, Régions, etc.), ce qui garantit que l'argent public finance des formations de qualité.

Les objectifs de la certification

Le Référentiel National Qualité, sur lequel se base Qualiopi, poursuit plusieurs objectifs clés :

  1. Attester de la qualité des processus : L'objectif premier est de certifier que l'organisme de formation a mis en place des processus conformes aux exigences du référentiel, de la conception des formations à leur évaluation.
  2. Permettre une plus grande lisibilité de l’offre de formation : En créant un repère qualité unique et reconnu, Qualiopi facilite le choix des usagers et des financeurs.
  3. Favoriser l'amélioration continue : La certification n'est pas une fin en soi. Elle s'inscrit dans une démarche d'amélioration continue, avec un audit de surveillance à mi-parcours pour s'assurer que la qualité est maintenue dans le temps.

Qui est concerné par Qualiopi ?

La certification Qualiopi s'adresse à tous les prestataires d'actions concourant au développement des compétences qui souhaitent bénéficier de fonds publics ou mutualisés. Cela inclut quatre types d'acteurs :

  • Les organismes de formation (OF) : C'est la catégorie la plus large, qui regroupe tous les prestataires dispensant des actions de formation.
  • Les centres de bilans de compétences (CBC) : Les prestataires qui accompagnent les individus dans l'analyse de leurs compétences professionnelles et personnelles.
  • Les prestataires d'actions permettant de faire valider les acquis de l'expérience (VAE) : Ceux qui accompagnent les candidats dans la constitution de leur dossier de VAE.
  • Les centres de formation par apprentissage (CFA) : Les structures qui dispensent des formations en apprentissage.

Même si vous ne sollicitez pas de financements publics, obtenir la certification Qualiopi peut être un atout commercial majeur, un véritable argument de différenciation sur un marché de plus en plus concurrentiel. Pour en savoir plus sur la création d'un organisme de formation, consultez notre guide complet : /blog/creer-organisme-formation-etapes-cles [blocked].

Les 7 critères et 32 indicateurs de Qualiopi : une vue d'ensemble

Le Référentiel National Qualité (RNQ) est le cœur du réacteur Qualiopi. Il se décompose en 7 critères, eux-mêmes déclinés en 32 indicateurs. Certains indicateurs sont communs à tous les prestataires, tandis que d'autres sont spécifiques à certaines catégories d'actions (formation, bilan de compétences, VAE, apprentissage). Comprendre la logique de ces critères est fondamental pour préparer son audit.

Pour une analyse détaillée de chaque indicateur, nous vous invitons à consulter notre article dédié : Les 32 indicateurs Qualiopi expliqués simplement [blocked].

Voici une vue d'ensemble des 7 critères :

Critère 1 : L’information du public

Ce premier critère est votre vitrine. Il vise à s'assurer que l'information que vous communiquez au public est précise, claire, et facilement accessible. L'auditeur se mettra dans la peau d'un prospect et vérifiera que vos supports de communication (site web, plaquettes, catalogue, etc.) lui permettent de faire un choix éclairé. La transparence est le maître-mot.

  • Indicateur 1 : Une information exhaustive et chiffrée Cet indicateur est le plus dense du critère. Vous devez prouver que vous diffusez une information complète sur vos prestations. Pour chaque formation, l'auditeur s'attend à trouver :

    • Les prérequis : Le niveau ou les compétences nécessaires pour suivre la formation.
    • Les objectifs pédagogiques : Ce que l'apprenant sera capable de faire à l'issue de la formation (verbes d'action).
    • La durée : En heures ou en jours.
    • Les modalités et délais d’accès : Comment s'inscrire ? Y a-t-il des sessions toute l'année ?
    • Les tarifs : Le coût total de la prestation, avec le détail de ce qui est inclus ou non.
    • Les contacts : Une personne à contacter pour obtenir des informations.
    • Les méthodes mobilisées : Précisez votre approche pédagogique (présentiel, distanciel, blended-learning, études de cas, etc.).
    • Les modalités d’évaluation : Comment les acquis sont-ils évalués en cours et en fin de formation (QCM, mise en situation, etc.) ?
    • L'accessibilité aux personnes en situation de handicap : Les mesures que vous avez prévues (voir indicateur 3).

    Exemple de preuve : Votre site internet avec des fiches de formation détaillées, votre catalogue de formation, des plaquettes commerciales. L'auditeur vérifiera la cohérence entre ces différents supports.

  • Indicateur 2 : Des indicateurs de résultats parlants Vous devez communiquer des indicateurs de performance, mais pas n'importe comment. Ces indicateurs doivent être pertinents et mesurables. Les plus courants sont :

    • Le taux de satisfaction des stagiaires.
    • Le taux d'obtention des certifications préparées.
    • Le taux de poursuite d'études.
    • Le taux d'interruption en cours de formation.
    • Le taux d'insertion professionnelle à l'issue de la formation.

    Exemple de preuve : Une page "Nos résultats" sur votre site web, des données chiffrées dans votre catalogue. L'auditeur pourra vous demander comment vous calculez ces taux. Préparez vos tableaux de bord !

  • Indicateur 3 : Une information claire sur l'accessibilité handicap Cet indicateur est crucial et souvent scruté. Vous devez informer sur l'accessibilité de vos prestations aux personnes en situation de handicap. Cela passe par :

    • La mention de l'accessibilité (ou non) de vos locaux.
    • La désignation d'un référent handicap au sein de votre structure.
    • Les coordonnées de ce référent, facilement accessibles.
    • La description des éventuels aménagements possibles (pédagogiques, matériels, etc.).

    Exemple de preuve : Une page dédiée au handicap sur votre site web, la mention du référent handicap dans vos documents de communication, le registre public d'accessibilité de vos locaux.

Critère 2 : L’identification précise des objectifs

Ce critère est au cœur de votre ingénierie pédagogique. Il s'agit de démontrer que vos formations ne sont pas des produits "sur étagère", mais des réponses construites et adaptées aux besoins de vos bénéficiaires. L'auditeur veut voir que vous maîtrisez la conception de vos prestations, de l'analyse du besoin à la formalisation des objectifs.

  • Indicateur 4 : Une analyse du besoin formalisée Vous devez démontrer que vous analysez le besoin du futur apprenant ou de l'entreprise cliente. Cette analyse doit être formalisée et tracée. Elle peut prendre différentes formes :

    • Un entretien téléphonique ou en visioconférence, avec une prise de notes.
    • Un questionnaire en ligne envoyé avant l'inscription.
    • Un compte-rendu d'échange avec le commanditaire (pour les formations en entreprise).

    Exemple de preuve : Présentez à l'auditeur une "fiche d'analyse du besoin" remplie pour un client, un compte-rendu d'entretien, ou l'export des résultats d'un formulaire en ligne. Le document doit montrer les attentes du client, son contexte, et ses objectifs.

  • Indicateur 5 : Des objectifs clairs et opérationnels Une fois le besoin analysé, vous devez le traduire en objectifs de formation. Ces objectifs doivent être :

    • Opérationnels : Formulés en termes de compétences que l'apprenant pourra mettre en œuvre (utiliser la méthode SMART peut être une bonne approche).
    • Évaluables : Vous devez être en mesure de vérifier si les objectifs ont été atteints à la fin de la prestation.
    • Communiqués : Les objectifs doivent être formalisés et communiqués au bénéficiaire (par exemple dans la proposition commerciale ou la convention de formation).

    Exemple de preuve : Montrez un programme de formation où les objectifs sont clairement listés, en utilisant des verbes d'action comme "Identifier", "Appliquer", "Analyser", "Créer", etc.

  • Indicateur 6 & 7 : Une prestation cohérente avec les objectifs Ces indicateurs sont liés. Vous devez prouver que les contenus de votre formation, les modalités de mise en œuvre, et les exigences de la certification (si la formation est certifiante) sont bien alignés avec les objectifs définis. L'auditeur vérifiera la cohérence de l'ensemble.

    Exemple de preuve : Un déroulé pédagogique détaillé qui met en regard chaque séquence de formation avec les objectifs visés. Pour une formation certifiante, montrez comment votre programme couvre tous les blocs de compétences du référentiel de certification.

  • Indicateur 8 : Un positionnement à l'entrée systématique Le positionnement à l'entrée est obligatoire. Il s'agit d'évaluer le niveau de l'apprenant avant le début de la formation pour vérifier que les prérequis sont bien acquis et, si besoin, pour adapter le parcours. Ce positionnement peut prendre la forme de :

    • Un questionnaire de connaissances.
    • Un test pratique ou une mise en situation.
    • Un entretien individuel.

    Exemple de preuve : Montrez à l'auditeur votre grille de positionnement, les résultats d'un QCM en ligne pour un groupe d'apprenants, ou un compte-rendu d'entretien de positionnement.

Critère 3 : L’adaptation des prestations

Ce critère est la suite logique du précédent. Une fois les objectifs définis, comment vous assurez-vous que la prestation est bien adaptée à chaque apprenant et que son parcours est fluide ? L'auditeur vérifiera ici votre capacité à accompagner, suivre et évaluer les bénéficiaires tout au long de leur parcours.

  • Indicateur 9 : Des conditions d'accueil et d'accompagnement optimales Vous devez informer les apprenants sur le déroulement de leur formation et les conditions d'accueil. Cela inclut :

    • Un livret d'accueil ou un email de bienvenue récapitulant les informations pratiques (horaires, lieu, contacts, règlement intérieur).
    • La présentation du programme détaillé et du planning.
    • L'identification des interlocuteurs clés (référent pédagogique, administratif, etc.).

    Exemple de preuve : Un livret d'accueil type, le mail de convocation envoyé aux stagiaires, un exemple de règlement intérieur.

  • Indicateur 10 : Un suivi pédagogique et une évaluation des acquis Cet indicateur est central. Vous devez prouver que vous suivez la progression de l'apprenant et que vous évaluez l'atteinte des objectifs. Cela passe par :

    • Des évaluations formatives tout au long du parcours (exercices, études de cas, QCM).
    • Une évaluation sommative en fin de parcours pour valider les compétences acquises.
    • Un système de suivi formalisé (feuilles d'émargement, relevé de connexion pour le e-learning, compte-rendu de suivi individualisé).

    Exemple de preuve : Des exemples de supports d'évaluation, des grilles de correction, des certificats de réalisation, des tableaux de suivi de la progression des apprenants.

  • Indicateur 11 : La mesure de la satisfaction des bénéficiaires Vous devez démontrer que vous mesurez la satisfaction de vos apprenants à l'issue de la formation. L'enquête de satisfaction "à chaud" est un classique, mais vous pouvez aussi mettre en place des évaluations "à froid" quelques mois après la formation pour mesurer l'impact réel sur les compétences.

    Exemple de preuve : Votre questionnaire de satisfaction, les résultats consolidés des enquêtes sur une période donnée, et surtout, la preuve que vous analysez ces résultats et que vous mettez en place des actions d'amélioration en conséquence.

  • Indicateur 12 : La gestion des abandons Que faites-vous lorsqu'un apprenant abandonne la formation ? Vous ne pouvez pas simplement l'ignorer. Vous devez avoir une procédure pour :

    • Identifier les causes de l'abandon (entretien, questionnaire).
    • Proposer des solutions pour y remédier (report, réorientation).
    • Analyser les causes des abandons pour prévenir les situations futures.

    Exemple de preuve : Une procédure de gestion des abandons, des comptes-rendus d'entretiens avec des apprenants ayant abandonné, un tableau de suivi des abandons et de leurs causes.

Critère 4 : L’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement

Ce critère s'intéresse à votre "salle des machines". L'auditeur veut s'assurer que vous mettez à disposition de vos apprenants et de vos formateurs un environnement de travail et des ressources propices à une prestation de qualité. Il ne s'agit pas d'avoir les derniers équipements à la mode, mais des moyens adaptés à vos prestations.

  • Indicateur 17 : Des locaux, équipements et matériels adaptés Vous devez prouver que les moyens matériels et techniques sont appropriés aux formations que vous dispensez. Cela concerne :

    • Les salles de formation : Sont-elles suffisamment grandes, bien éclairées, équipées (tableau, vidéoprojecteur, etc.) ?
    • Le matériel pédagogique : Mettez-vous à disposition des ordinateurs, des machines spécifiques, des outils, des supports de cours ?
    • Les plateformes e-learning (LMS) : Si vous faites de la formation à distance, votre plateforme est-elle fonctionnelle, intuitive et permet-elle un bon suivi des apprenants ?

    Exemple de preuve : Des photos de vos salles de formation, la liste de vos équipements, des captures d'écran de votre plateforme LMS, des témoignages de stagiaires sur la qualité des moyens mis à disposition.

  • Indicateur 18 : La coordination des intervenants Si vous travaillez avec plusieurs formateurs sur une même prestation, vous devez démontrer que vous assurez une bonne coordination entre eux. L'objectif est d'assurer la cohérence du parcours pour l'apprenant. Cela peut passer par :

    • Des réunions de cadrage avant la formation.
    • Des temps d'échange et de synchronisation pendant la formation.
    • Des outils partagés (drive, dossier commun) pour centraliser les informations.

    Exemple de preuve : Des comptes-rendus de réunions pédagogiques, des emails d'échanges entre formateurs, un document de cadrage de la mission pour les intervenants.

  • Indicateur 19 : Des ressources pédagogiques suffisantes Vous devez mettre à disposition de vos apprenants des ressources pédagogiques pour appuyer leur formation. Ces ressources peuvent être de différentes natures :

    • Supports de cours (PowerPoint, PDF, etc.).
    • Exercices et cas pratiques.
    • Bibliographie ou webographie.
    • Accès à un centre de ressources en ligne.

    Exemple de preuve : Montrez à l'auditeur un exemple de support de cours, une bibliothèque de ressources en ligne, un livret pédagogique remis aux apprenants.

  • Indicateur 20 : Un encadrement pédagogique et technique compétent Cet indicateur est un avant-goût du critère 5. Vous devez démontrer que les personnes qui encadrent vos formations (formateurs, tuteurs, coordinateurs) sont compétentes. L'auditeur vérifiera que vous avez un processus pour vous assurer de l'expertise de vos intervenants.

    Exemple de preuve : Des CV de vos formateurs, des fiches de poste, des entretiens de recrutement, des évaluations des formateurs par les apprenants.

Critère 5 : La qualification et le développement des connaissances du personnel

Ce critère s'intéresse à votre capital humain. La qualité d'une formation repose en grande partie sur la compétence de ceux qui la conçoivent, l'animent et la gèrent. L'auditeur s'assurera que vous disposez d'un processus pour recruter, intégrer, et surtout, faire monter en compétences l'ensemble de votre personnel.

  • Indicateur 21 : Le développement des compétences des salariés Vous devez démontrer que vous avez un processus pour maintenir et développer les compétences de vos formateurs et de votre personnel en général. Cela ne se limite pas à la formation continue obligatoire.

    • Recrutement : Comment vous assurez-vous de l'expertise de vos formateurs lors du recrutement (vérification des diplômes, des expériences, mise en situation) ?
    • Intégration : Comment intégrez-vous un nouveau formateur (présentation des outils, de la culture d'entreprise, du public) ?
    • Formation continue : Comment planifiez-vous la montée en compétences de vos équipes (plan de développement des compétences, participation à des colloques, à des webinaires, etc.) ?

    Exemple de preuve : Un plan de développement des compétences, des attestations de formation suivies par vos salariés, des comptes-rendus d'entretiens professionnels, des grilles d'évaluation des compétences de vos formateurs.

  • Indicateur 22 : La mobilisation et l'entretien des compétences des experts externes Si vous faites appel à des formateurs sous-traitants ou des experts externes, vous devez également prouver que vous vous assurez de leur compétence et que vous les intégrez dans votre démarche qualité.

    • Processus de sélection : Comment choisissez-vous vos sous-traitants (analyse du CV, entretien, vérification des références) ?
    • Cadrage de la mission : Comment vous assurez-vous qu'ils comprennent et respectent vos exigences qualité (charte de sous-traitance, réunion de cadrage) ?
    • Maintien des compétences : Comment les associez-vous à votre démarche d'amélioration continue (envoi d'informations, participation à des réunions, etc.) ?

    Exemple de preuve : Une procédure de sélection des sous-traitants, des contrats de sous-traitance clairs, des CV de vos intervenants externes, des preuves d'échanges réguliers avec eux.

Critère 6 : L’inscription et l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel

Ce critère vise à s'assurer que votre organisme n'est pas une tour d'ivoire, mais un acteur bien ancré dans son environnement professionnel. L'auditeur vérifiera que vous êtes en veille active sur les évolutions de votre secteur et que vous mobilisez les bons réseaux pour maintenir et développer votre expertise. C'est le critère de l'organisme "apprenant" et connecté.

  • Indicateur 23 : La veille légale et réglementaire Vous devez prouver que vous avez mis en place une veille sur les obligations légales et réglementaires qui s'appliquent à votre activité (droit de la formation, droit du travail, protection des données, etc.).

    • Sources : Quels sont les sites, les abonnements, les sources que vous consultez (ex: Centre Inffo, site du Ministère du Travail, Legifrance) ?
    • Processus : Qui est en charge de la veille ? À quelle fréquence ? Comment l'information est-elle analysée et diffusée en interne ?
    • Impact : Comment cette veille se traduit-elle en actions concrètes (mise à jour de vos CGV, de votre règlement intérieur, etc.) ?

    Exemple de preuve : Un tableau de veille, des captures d'écran de vos sources, des emails de diffusion interne, un exemple de document mis à jour suite à une évolution réglementaire.

  • Indicateur 24 & 25 : La veille sur les métiers, les compétences et l'innovation Ces deux indicateurs sont très liés. Vous devez démontrer que vous suivez les évolutions des métiers et des compétences auxquels vous formez, ainsi que les innovations pédagogiques et technologiques.

    • Veille métier : Comment restez-vous informé des nouvelles compétences attendues par les recruteurs ? (lecture de rapports de branche, participation à des salons professionnels, etc.).
    • Veille innovation : Comment vous tenez-vous au courant des nouvelles méthodes et outils pédagogiques (neurosciences, IA, réalité virtuelle, etc.) ?

    Exemple de preuve : Montrez comment votre veille a conduit à la création d'une nouvelle formation ou à la mise à jour d'un programme existant. Par exemple, "Suite à notre veille sur l'importance des soft skills, nous avons intégré un module de communication interpersonnelle dans notre formation de manager".

  • Indicateur 26 & 27 : L'implication dans les réseaux et partenariats Vous devez prouver que vous n'êtes pas isolé. L'auditeur s'attend à ce que vous soyez impliqué dans votre écosystème local et professionnel.

    • Réseaux : Participez-vous à des réseaux de professionnels de la formation (FFP, SYNOFDES, etc.) ou à des clubs d'entreprises locaux ?
    • Partenariats : Avez-vous noué des partenariats avec d'autres acteurs (entreprises, écoles, associations, Pôle Emploi) pour favoriser l'insertion de vos apprenants ou enrichir vos prestations ?

    Exemple de preuve : Une attestation d'adhésion à un syndicat professionnel, des comptes-rendus de participation à des événements, des conventions de partenariat, des témoignages de partenaires.

Critère 7 : Le recueil et la prise en compte des appréciations et des réclamations

Ce dernier critère boucle la boucle de la qualité. Il s'agit de prouver que vous êtes à l'écoute de vos parties prenantes (bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques) et que vous utilisez leurs retours pour vous améliorer. L'auditeur voudra voir un système robuste de collecte, d'analyse et de traitement des appréciations et des réclamations.

  • Indicateur 30 : Le recueil systématique des appréciations Vous devez prouver que vous sollicitez l'avis de vos bénéficiaires à l'issue de vos prestations. L'enquête de satisfaction est l'outil le plus courant.

    • Systématisation : La collecte doit être systématique pour toutes les formations et tous les apprenants.
    • Contenu : Le questionnaire doit balayer les aspects importants de la prestation (atteinte des objectifs, qualité des supports, animation, locaux, etc.).
    • Analyse : Vous devez analyser les résultats (calculer des scores, identifier les points forts et les points faibles).

    Exemple de preuve : Votre modèle de questionnaire de satisfaction, les résultats bruts et analysés d'une session de formation, un tableau de bord de suivi de la satisfaction client dans le temps.

  • Indicateur 31 : Le traitement rigoureux des réclamations Comment gérez-vous les insatisfactions et les réclamations ? Vous devez avoir une procédure claire et formalisée pour cela.

    • Canal de réclamation : Comment un client peut-il faire une réclamation (formulaire en ligne, adresse email dédiée, etc.) ? Ce canal doit être connu de tous.
    • Processus de traitement : Qui réceptionne la réclamation ? Dans quel délai répondez-vous ? Comment analysez-vous la cause de la réclamation et définissez-vous les actions à mener ?
    • Traçabilité : Vous devez conserver une trace de toutes les réclamations et de leur traitement (un registre des réclamations).

    Exemple de preuve : Votre procédure de traitement des réclamations, le registre des réclamations rempli avec quelques exemples (anonymisés), des emails de réponse à des clients mécontents.

  • Indicateur 32 : La mise en œuvre d'actions d'amélioration continue C'est l'indicateur ultime de la démarche qualité. Vous devez prouver que vous mettez en place des actions concrètes pour vous améliorer, en vous basant sur l'analyse des appréciations, des réclamations, des audits, etc.

    • Plan d'amélioration : Vous devez avoir un plan d'amélioration continue qui liste les actions à mener, les responsables et les délais.
    • Origine des actions : Les actions doivent être issues de différentes sources (insatisfactions clients, suggestions des formateurs, résultats de la veille, etc.).
    • Suivi : Vous devez suivre la mise en œuvre de ces actions et évaluer leur efficacité.

    Exemple de preuve : Un plan d'amélioration continue, des comptes-rendus de réunions qualité où des actions d'amélioration sont décidées, des exemples d'actions mises en place (ex: "Suite aux retours des stagiaires sur la difficulté de l'exercice X, nous avons créé une nouvelle ressource pédagogique pour les aider

les accompagner").

Obtenir la certification Qualiopi : les étapes concrètes

L'obtention de la certification Qualiopi est un projet qui se structure en plusieurs étapes clés. Il ne s'agit pas d'un simple contrôle, mais d'une véritable démarche qualité qui demande de l'organisation et de l'anticipation. Voici le parcours type, de la décision initiale à l'obtention du certificat.

Étape 1 : L'auto-évaluation

Avant toute chose, la première étape consiste à réaliser un diagnostic complet de votre organisme au regard des 32 indicateurs du Référentiel National Qualité. Cette auto-évaluation est cruciale : elle vous permettra de mesurer l'écart entre vos pratiques actuelles et les exigences de Qualiopi.

Conseil pratique : Ne sous-estimez pas cette phase. Soyez honnête et rigoureux. Un bon diagnostic est la clé d'une préparation réussie. Vous pouvez utiliser des grilles d'auto-évaluation fournies par les organismes certificateurs ou des consultants spécialisés.

Cette étape vous amènera à vous poser des questions fondamentales sur votre fonctionnement :

  • Nos processus sont-ils formalisés et documentés ?
  • Comment assurons-nous le suivi de nos apprenants ?
  • Comment mesurons-nous la satisfaction de nos clients ?
  • Nos formateurs sont-ils qualifiés et leur montée en compétences est-elle assurée ?

Étape 2 : La mise en conformité

Une fois l'état des lieux réalisé, l'étape suivante est de construire et de mettre en œuvre votre plan d'action. Pour chaque indicateur où un écart a été constaté, vous devrez définir les actions correctives à mener, désigner un responsable et fixer un délai.

Cette phase peut impliquer de :

  • Créer de nouveaux documents (procédures, modèles de documents, etc.).
  • Modifier des processus existants.
  • Mettre en place de nouveaux outils (un logiciel de gestion de la formation par exemple).
  • Former vos équipes aux nouvelles procédures.

C'est souvent la phase la plus longue et la plus dense du projet. Pour vous aider à visualiser le chemin à parcourir, voici un exemple de calendrier de préparation sur 6 mois pour un organisme de formation de taille moyenne.

Calendrier type de préparation (Mois par Mois)

MoisObjectifs principauxActions clés
Mois 1Lancement & Diagnostic- Constituer l'équipe projet Qualiopi.
- Réaliser l'auto-évaluation complète par rapport aux 32 indicateurs.
- Identifier les écarts et les non-conformités.
Mois 2Planification & Structuration- Élaborer le plan d'actions détaillé (actions, responsables, délais).
- Commencer la rédaction du Manuel Qualité.
- Mettre en place l'arborescence du système documentaire.
Mois 3-4Déploiement & Production- Produire les documents manquants (procédures, modèles, etc.).
- Mettre à jour les supports de communication (site web, fiches formation).
- Déployer les nouveaux processus (ex: traitement des réclamations).
Mois 5Vérification & Amélioration- Réaliser un audit à blanc interne pour tester le système.
- Traiter les non-conformités issues de l'audit à blanc.
- Former les équipes à l'audit et à la démarche qualité.
Mois 6Finalisation & Audit- Finaliser le Manuel Qualité et l'ensemble des preuves.
- Choisir l'organisme certificateur et signer le contrat.
- Planifier et passer l'audit initial.

Étape 3 : La rédaction du Manuel Qualité

Le Manuel Qualité est le document de référence qui décrit l'ensemble de votre démarche qualité. Il présente votre organisme, votre politique qualité, et la manière dont vous répondez à chaque indicateur du référentiel. C'est un document essentiel qui sera examiné en détail par l'auditeur.

Votre Manuel Qualité doit être :

  • Personnalisé : Il doit refléter la réalité de votre organisme, et non être un simple copier-coller d'un modèle.
  • Exhaustif : Il doit couvrir l'ensemble des indicateurs applicables à votre activité.
  • Clair et accessible : Il doit être compréhensible par l'ensemble de vos équipes.

Pour vous guider, n'hésitez pas à lire notre article sur le Manuel Qualité, document clé de l'audit Qualiopi [blocked].

Étape 4 : Le choix de l'organisme certificateur

Une fois que vous vous sentez prêt, il est temps de choisir votre organisme certificateur. Il s'agit d'un organisme accrédité par le Cofrac, dont la liste est disponible sur le site du Ministère du Travail. En 2026, on compte 39 organismes certificateurs en France.

Pour faire votre choix, prenez en compte plusieurs critères :

  • Le tarif : Les prix peuvent varier significativement d'un certificateur à l'autre.
  • La disponibilité : Certains certificateurs ont des délais d'attente plus longs que d'autres.
  • La réputation et l'expertise : Renseignez-vous sur la notoriété du certificateur et son expérience dans votre secteur d'activité.
  • La relation client : Privilégiez un certificateur réactif et à l'écoute.

N'hésitez pas à demander plusieurs devis pour comparer les offres. La signature du contrat avec le certificateur marque le début du processus d'audit.

Voici un tableau comparatif non exhaustif de quelques-uns des principaux organismes certificateurs en 2026. Les informations (tarifs, délais) sont données à titre indicatif et peuvent évoluer.

Organisme CertificateurTarif journalier indicatif (HT)Délai moyen pour une date d'auditSpécificités & Avantages
ICPF950 € - 1100 €2-3 moisLeader sur le marché, très orienté satisfaction client, nombreux outils et ressources à disposition.
AFNOR Certification1000 € - 1200 €3-4 moisOrganisme historique et de référence, forte notoriété, expertise multisectorielle.
Certifopac900 € - 1050 €1-2 moisTrès réactif, processus d'audit digitalisé, spécialisé pour les indépendants et petits organismes.
ISQ980 € - 1150 €2-3 moisForte expertise dans le secteur de la formation, auditeurs qualifiés et expérimentés.
Bureau Veritas Certification1050 € - 1250 €3-4 moisGroupe international, processus d'audit très structuré, reconnaissance forte.
SGS1000 € - 1200 €2-4 moisActeur mondial, large réseau d'auditeurs, approche processus.

Notre conseil : Au-delà du prix, choisissez un certificateur dont la culture et les valeurs correspondent à votre organisme. Un bon audit est avant tout un échange constructif avec un auditeur qui comprend vos enjeux.

Étape 5 : L'audit initial

L'audit initial est le moment de vérité. Un auditeur mandaté par l'organisme certificateur se déplace dans vos locaux (ou réalise l'audit à distance) pour vérifier la conformité de vos processus au Référentiel National Qualité. La durée de l'audit dépend de la taille de votre organisme et du nombre de catégories d'actions à certifier.

Durant l'audit, l'auditeur va :

  • S'entretenir avec la direction et les équipes.
  • Examiner vos documents (Manuel Qualité, procédures, exemples de dossiers, etc.).
  • Observer vos pratiques.

À l'issue de l'audit, l'auditeur rédige un rapport qui conclut à la conformité ou à la non-conformité de votre organisme. En cas de non-conformités (majeures ou mineures), vous disposerez d'un délai pour mettre en place des actions correctives.

Pour éviter les écueils, découvrez les erreurs fatales qui peuvent compromettre votre certification Qualiopi [blocked].

Étape 6 : La certification et le suivi

Si l'audit est concluant, vous recevez la certification Qualiopi ! Elle est valable pour une durée de 3 ans. Mais le travail ne s'arrête pas là. Un audit de surveillance est réalisé entre le 14ème et le 22ème mois suivant l'obtention de la certification pour s'assurer que vous maintenez votre niveau de qualité. Enfin, un audit de renouvellement est à prévoir avant la fin de la troisième année pour renouveler votre certification.

Les coûts détaillés de la certification Qualiopi en 2026

Aborder la certification Qualiopi implique d'anticiper les coûts associés. Le budget à prévoir peut varier considérablement en fonction de la taille de votre organisme, de sa complexité, du niveau de maturité de votre démarche qualité et du choix de vos partenaires (certificateur, consultant). On peut distinguer deux grandes catégories de coûts : les frais de certification directs et les coûts indirects liés à la préparation.

Les frais de certification

Ce sont les coûts facturés par l'organisme certificateur. Ils sont généralement basés sur un nombre de jours d'audit, qui est lui-même déterminé par le chiffre d'affaires de votre activité de formation, le nombre de sites à auditer et le nombre de catégories d'actions à certifier.

En 2026, les tarifs journaliers moyens d'un auditeur Qualiopi se situent entre 900 € et 1 200 € HT. La durée de l'audit est encadrée par un arrêté ministériel.

Voici une estimation des durées d'audit initial en fonction du chiffre d'affaires :

Chiffre d'affaires (CA) de l'activité formationDurée de l'audit initial
Moins de 75 000 €1 jour
Entre 75 000 € et 150 000 €1,5 jours
Entre 150 000 € et 750 000 €2 jours
Plus de 750 000 €2,5 jours et plus

À cela, il faut ajouter l'audit de surveillance (généralement 0,5 à 1 jour) et l'audit de renouvellement (dont la durée est similaire à l'audit initial).

Exemple de calcul : Pour un organisme de formation avec un CA de 200 000 €, l'audit initial sera de 2 jours. Avec un taux journalier de 1000 €, le coût de l'audit initial sera de 2000 € HT. Il faudra ajouter environ 1000 € HT pour l'audit de surveillance.

Les coûts indirects

Ce sont souvent les coûts les plus importants et les plus difficiles à estimer. Ils correspondent au temps et aux ressources que vous allez mobiliser en interne pour vous préparer.

  • Le temps humain : Le temps passé par vos équipes (direction, personnel administratif, formateurs) pour s'auto-évaluer, mettre en place les actions correctives, rédiger le Manuel Qualité, préparer l'audit, etc. Ce coût est non négligeable.
  • L'accompagnement par un consultant : Faire appel à un consultant spécialisé Qualiopi peut être un investissement très pertinent pour gagner du temps et sécuriser sa certification. Les tarifs varient de 1 500 € pour une prestation de relecture de votre système à plus de 10 000 € pour un accompagnement complet. En moyenne, un accompagnement complet pour un petit organisme se situe entre 3 000 € et 6 000 € HT.
  • L'acquisition d'outils : La mise en conformité peut nécessiter l'investissement dans un logiciel de gestion de la formation (LMS/LRS) pour mieux suivre les parcours des apprenants, gérer la documentation, et collecter les évaluations. Les coûts peuvent aller de quelques dizaines à plusieurs centaines d'euros par mois.
  • La formation des équipes : Il peut être nécessaire de former vos équipes à la démarche qualité ou à l'utilisation de nouveaux outils.

Budget détaillé par taille d'organisme

Voici une simulation de budget global (sur 3 ans, incluant audit initial et surveillance) pour obtenir la certification Qualiopi en 2026.

Taille de l'organisme (CA)Coûts de certification (estimation)Coûts d'accompagnement (estimation)Coûts outils & internes (estimation)Budget total estimé (sur 3 ans)
Indépendant / Freelance (< 75k€)1 500 - 2 500 €0 - 3 000 €500 - 1 500 €2 000 - 7 000 €
Petit OF (75k€ - 300k€)2 500 - 4 000 €3 000 - 6 000 €1 500 - 4 000 €7 000 - 14 000 €
OF moyen (300k€ - 1M€)4 000 - 6 000 €5 000 - 10 000 €3 000 - 8 000 €12 000 - 24 000 €
Grand OF (> 1M€)6 000 € et plus10 000 € et plus8 000 € et plus24 000 € et plus

Ces chiffres sont des estimations. Le meilleur moyen de connaître votre budget est de demander des devis précis à plusieurs organismes certificateurs et consultants. N'oubliez pas non plus de vous renseigner sur les aides régionales qui peuvent exister pour financer votre démarche de certification.

Les pièges à éviter pour ne pas rater sa certification

La route vers Qualiopi est semée d'embûches. Connaître les erreurs les plus fréquentes est le meilleur moyen de les anticiper et de sécuriser votre parcours. En voici une compilation, basée sur les retours d'expérience de centaines d'organismes.

Piège n°1 : Le syndrome du "copier-coller"

Face à la masse de travail, la tentation est grande de télécharger un kit documentaire ou de reprendre le Manuel Qualité d'un confrère. C'est une erreur fatale. L'auditeur est formé pour repérer les systèmes documentaires génériques qui ne reflètent pas la réalité de l'organisme. Votre démarche qualité doit être le miroir de vos pratiques, pas une construction artificielle. Chaque procédure, chaque document doit être personnalisé et maîtrisé par vos équipes.

Piège n°2 : Une veille passive et non exploitée

Beaucoup d'organismes se contentent de s'abonner à une newsletter ou de collecter des articles pour le critère 6. La veille, pour être conforme, doit être active et exploitée. L'auditeur vous demandera de prouver comment cette veille a un impact concret sur vos prestations. Par exemple : "Suite à notre veille sur les nouvelles technologies immersives, nous avons intégré un module de réalité virtuelle dans notre formation X". Vous devez démontrer un cycle complet : Collecte -> Analyse -> Diffusion -> Action.

Piège n°3 : Des indicateurs de performance "de façade"

L'indicateur 2 exige la communication d'indicateurs de résultats. Ne vous contentez pas de chiffres vagues ou invérifiables. Vous devez être capable de prouver comment vous calculez ces indicateurs (taux de satisfaction, taux d'insertion, etc.). Mettez en place des tableaux de bord fiables et suivez-les dans le temps. La transparence et la fiabilité de vos données sont des marqueurs de votre professionnalisme.

Piège n°4 : La gestion des non-conformités négligée

L'indicateur 32 sur l'amélioration continue est central. Il ne s'agit pas seulement de collecter des enquêtes de satisfaction. Vous devez avoir un processus formalisé pour traiter les réclamations et les non-conformités (qu'elles viennent des clients, des audits internes ou de vos propres constats). L'auditeur voudra voir des fiches de non-conformité, des plans d'actions correctives et la preuve de la vérification de leur efficacité. Ne pas avoir de système de traitement des non-conformités est une non-conformité majeure quasi assurée.

Piège n°5 : Le référent handicap, un rôle sous-estimé

L'indicateur 26 (pour les nouveaux entrants) et l'indicateur 3 (pour tous) placent l'accueil des personnes en situation de handicap au cœur des exigences. La simple désignation d'un référent handicap ne suffit pas. Cette personne doit être formée, connaître les ressources et les partenaires de son territoire (Agefiph, Cap Emploi, etc.) et avoir mis en place une procédure claire pour l'accueil et l'accompagnement des personnes en situation de handicap. L'auditeur pourra tester ses connaissances.

Pour une analyse plus approfondie des erreurs à ne pas commettre, consultez notre article dédié : Les 5 erreurs fatales qui peuvent compromettre votre certification Qualiopi [blocked].

10 conseils pour réussir sa certification Qualiopi

Au-delà de la compréhension du référentiel, la réussite de votre certification Qualiopi tient à une bonne préparation et à l'adoption de quelques réflexes clés. Voici 10 conseils pratiques pour mettre toutes les chances de votre côté.

  1. Considérez Qualiopi comme un projet d'entreprise La certification n'est pas qu'une affaire administrative ou de direction. Impliquez l'ensemble de vos équipes (pédagogique, administrative, commerciale) dès le début du projet. La qualité est l'affaire de tous, et l'appropriation de la démarche par chacun est un facteur clé de succès.

  2. Ne sous-estimez pas le temps nécessaire Une démarche Qualiopi prend du temps. Selon la taille de votre organisme et votre maturité en matière de qualité, comptez entre 3 et 9 mois pour être prêt pour l'audit. Anticipez et établissez un rétroplanning réaliste.

  3. Documentez, documentez, documentez ! Qualiopi est une certification basée sur la preuve. L'auditeur voudra voir des documents, des enregistrements, des preuves tangibles de ce que vous affirmez. Prenez l'habitude de tout formaliser : procédures, comptes-rendus de réunion, fiches de suivi, etc. Votre système de management de la qualité doit être une mécanique bien huilée et traçable.

  4. Pensez "client" à chaque étape Le Référentiel National Qualité est très orienté vers la satisfaction du "client" (l'apprenant, l'entreprise, le financeur). À chaque indicateur, demandez-vous : "Comment cette exigence contribue-t-elle à améliorer l'expérience et la satisfaction de mes clients ?". Cette perspective vous aidera à donner du sens à la démarche.

  5. Soyez concret et factuel Lors de l'audit, ne vous contentez pas de décrire vos processus de manière théorique. Préparez des exemples concrets pour chaque indicateur : un dossier client type, un support de cours, une enquête de satisfaction, un CV de formateur, etc. L'auditeur a besoin de "voir" la qualité en action.

  6. Choisissez bien votre accompagnateur (si besoin) Si vous optez pour un accompagnement externe, choisissez un consultant qui a une réelle expérience de terrain et une bonne connaissance de votre secteur d'activité. Méfiez-vous des offres "miracles" et des "kits documentaires" tout faits qui ne seront pas adaptés à votre réalité. Un bon consultant est un guide, pas un faiseur.

  7. Faites de la veille une véritable culture d'entreprise Le critère 6 sur l'environnement professionnel est souvent un point faible pour les organismes. Mettez en place une organisation pour votre veille (légale, pédagogique, technologique, sectorielle). Qui fait quoi ? Comment l'information est-elle capitalisée et diffusée en interne ? Comment cette veille se traduit-elle en actions d'amélioration ?

  8. Préparez vos équipes à l'audit L'audit peut être une source de stress. Démystifiez l'exercice en expliquant à vos équipes le rôle de l'auditeur (qui n'est pas un inquisiteur) et le déroulement de l'audit. Organisez une simulation d'audit (audit à blanc) pour les entraîner à répondre aux questions et à présenter les preuves.

  9. Ne visez pas la perfection, mais l'amélioration continue L'objectif de Qualiopi n'est pas d'avoir un système parfait, mais de démontrer que vous êtes dans une logique d'amélioration continue. N'ayez pas peur de présenter des non-conformités que vous avez vous-même identifiées et pour lesquelles vous avez mis en place un plan d'action. C'est une preuve de maturité.

  10. Voyez au-delà de l'audit La certification Qualiopi ne doit pas être une fin en soi. C'est une formidable opportunité de structurer votre organisme, de professionnaliser vos pratiques, et d'améliorer durablement la qualité de vos prestations. Pensez à l'après-certification : comment allez-vous faire vivre votre démarche qualité au quotidien ? Comment allez-vous continuer à progresser ?

Foire Aux Questions (FAQ)

Pour conclure ce guide, voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la certification Qualiopi.

1. Quelle est la différence entre Qualiopi et Datadock ?

Datadock était un système déclaratif où les organismes de formation devaient renseigner 21 indicateurs sur une plateforme en ligne pour prouver leur conformité. Qualiopi va beaucoup plus loin : il s'agit d'une certification délivrée par un organisme tiers indépendant (l'organisme certificateur) après un audit sur site ou à distance. Qualiopi est basé sur un référentiel unique (le RNQ) de 32 indicateurs et est beaucoup plus exigeant en termes de preuves à fournir. En résumé, on est passé d'un système déclaratif à un système d'audit probant.

2. Un organisme de formation sous-traitant doit-il être certifié Qualiopi ?

La situation dépend du donneur d'ordre. Si un organisme de formation (le donneur d'ordre) certifié Qualiopi fait appel à un sous-traitant pour une partie de la prestation, le donneur d'ordre est responsable de s'assurer que le sous-traitant respecte les exigences de Qualiopi. Le sous-traitant n'a pas l'obligation légale d'être lui-même certifié. Cependant, de plus en plus de donneurs d'ordre exigent que leurs sous-traitants soient certifiés Qualiopi pour simplifier leurs propres démarches de contrôle et garantir la qualité de la chaîne de sous-traitance. Être certifié Qualiopi en tant que sous-traitant devient donc un avantage concurrentiel majeur.

3. Peut-on obtenir Qualiopi si on est un formateur indépendant ?

Oui, absolument. La certification Qualiopi s'adresse à tous les prestataires d'actions concourant au développement des compétences, quel que soit leur statut juridique ou leur taille. Un formateur indépendant (micro-entrepreneur, profession libérale, etc.) peut tout à fait être certifié. La durée de l'audit et le nombre d'indicateurs applicables seront adaptés à sa situation. Par exemple, un formateur seul n'aura pas à répondre aux indicateurs liés à la coordination des équipes.

4. Que se passe-t-il en cas de non-conformité majeure lors de l'audit ?

Une non-conformité majeure est un écart qui remet en cause la capacité de l'organisme à délivrer des prestations de qualité. Si l'auditeur constate une ou plusieurs non-conformités majeures, la certification ne peut pas être délivrée. L'organisme dispose alors d'un délai de 3 mois pour mettre en place des actions correctives et prouver leur efficacité. Une fois les actions validées par l'auditeur (souvent via un audit complémentaire), la certification peut être prononcée. Il est donc crucial de bien se préparer pour éviter ce type de situation qui retarde l'obtention de la certification.

5. La certification Qualiopi est-elle valable à l'étranger ?

Non, Qualiopi est une certification franco-française. Elle a été mise en place dans le cadre de la loi française sur la formation professionnelle et vise à réguler le marché français. Elle n'a pas de reconnaissance officielle à l'étranger. Cependant, la démarche qualité structurée et les processus mis en place pour obtenir Qualiopi peuvent être un gage de sérieux et de professionnalisme pour des clients ou partenaires internationaux.

6. Comment utiliser le logo Qualiopi une fois certifié ?

L'utilisation du logo Qualiopi est strictement encadrée par une charte graphique. Une fois certifié, vous avez le droit d'utiliser la marque Qualiopi sur vos supports de communication (site web, plaquettes, signatures de mail, etc.). Vous devez toujours préciser la ou les catégories d'actions pour lesquelles vous avez été certifié. Attention, le logo ne doit jamais être apposé sur les attestations de formation ou certificats de réalisation, car Qualiopi certifie l'organisme, pas la formation elle-même.

7. Quel est le lien entre Qualiopi et le Bilan Pédagogique et Financier (BPF) ?

Le Bilan Pédagogique et Financier (BPF) est une déclaration administrative annuelle obligatoire pour tout organisme de formation. Il retrace l'activité de l'organisme en termes pédagogiques et financiers. Qualiopi et le BPF sont deux obligations distinctes, mais elles se rejoignent. Les données que vous collectez pour votre suivi qualité Qualiopi (nombre de stagiaires, nombre d'heures de formation, etc.) sont les mêmes que celles que vous devrez déclarer dans votre BPF. Avoir un système de suivi rigoureux pour Qualiopi facilite donc grandement l'élaboration du BPF. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le BPF 2026 [blocked].

8. Est-il possible de se faire certifier pour une seule catégorie d'action ?

Oui. Lors de votre demande de certification, vous devez spécifier la ou les catégories d'actions pour lesquelles vous souhaitez être certifié : actions de formation, bilans de compétences, VAE, ou formation par apprentissage. Si vous n'intervenez que sur un seul type de prestation (par exemple, uniquement des actions de formation), vous ne serez audité et certifié que pour cette catégorie. Le certificat mentionnera explicitement le périmètre de votre certification.

Conclusion : Qualiopi, bien plus qu'une contrainte, une opportunité

L'obtention de la certification Qualiopi représente un investissement significatif en temps et en ressources pour tout organisme de formation. Cependant, il est essentiel de ne pas la percevoir uniquement comme une contrainte administrative ou un simple droit d'accès aux financements publics. La démarche Qualiopi est avant tout une formidable opportunité de structurer son organisation, de professionnaliser ses pratiques et de s'inscrire dans une dynamique d'amélioration continue.

En vous obligeant à formaliser vos processus, à mieux suivre vos apprenants, à évaluer la qualité de vos prestations et à rester en veille sur votre environnement, Qualiopi vous pousse à vous poser les bonnes questions et à mettre en place les fondations d'un organisme solide et pérenne. C'est un levier pour améliorer la satisfaction de vos clients, la performance de vos équipes et, in fine, la réputation de votre organisme sur le marché.

En 2026, dans un secteur de la formation professionnelle de plus en plus concurrentiel et exigeant, la certification Qualiopi n'est plus une option. C'est un standard de qualité qui témoigne de votre engagement envers l'excellence et le professionnalisme. En suivant les étapes et les conseils de ce guide, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour non seulement obtenir votre certification, mais aussi pour en faire un véritable atout stratégique pour le développement de votre activité.

N'oubliez pas que la certification n'est pas une fin en soi. C'est le début d'un chemin, celui de la qualité et de l'amélioration continue. Le véritable enjeu est de faire vivre votre système de management de la qualité au quotidien, d'impliquer vos équipes et de cultiver cette culture de l'excellence qui fera la différence sur le long terme.

Pour aller plus loin et découvrir des modèles de documents et des outils pratiques pour votre démarche Qualiopi, n'hésitez pas à consulter notre page de templates [blocked].

Téléchargez nos templates gratuits

Convention, programme, émargement, attestations... Tous les documents conformes Qualiopi, prêts à l'emploi.

Cet article vous a été utile ? Partagez-le :

Partager :
qualiopicertificationguideaudit